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Saturday, November 23, 2013

Slam des pays - Mathieu Lippe

Écoutez, c'est bon !

Ugo, son cousin, m'a fait découvrir cela un soir d'octobre.




... il parait qu'en plus il est compteur !

... Je vais m'organiser pour aller le voir "live" et je vous en reparle.

;-)

Saturday, September 14, 2013

Charte des valeurs québécoises

Je suis contre !

C'est à mon tour de me prononcer dans l'espace public numérique.  Cependant, il faut s'asseoir avec moi pour en discuter afin de comprendre pourquoi je m'élève contre ce projet qui pourrait un jour faire loi.  Ou, à défaut, lire beaucoup afin de saisir les nuances.  Donc, je ne ferai pas de déclarations sur Twitter ou Facebook des médiums sociaux ou l'instantané et les phrases chocs, sans nuances, mènent la parade.

Je vous réfère vers le site, important, d'une pétition CONTRE la charte des valeurs québécoises telle que proposée par le gouvernement Marois mais POUR un Québec inclusif.

Pétition pour un Québec inclusif

C'est plus long à lire, mais c'est bien écrit, pas mal complet et représentatif de ma position sur le sujet.

Pour signer la pétition voici le lien
Je suis le 9317e   ;-)

SVP impliquez-vous en échangeant avec les gens autour de vous afin que l'enjeu soit bien compris et que ce projet soit mise en échec.



Ma réponse...

Ma chère Catherine que je connais et respecte énormément.  Je suis convaincu que nos opinions sur la Charte ne sont pas si opposées.

J'ai lu Foglia en septembre.  Je l'ai relu à ta suggestion.  Ce que je retiens de ses écrits:

17 septembre : "Je trouve que le bordel appréhendé n'en vaut pas la chandelle. Que, dans son application surtout, cette charte de la laïcité tendra plus à la faire détester qu'à la révéler comme le creuset (qu'elle est dans les faits) d'une société plus ouverte."

23 septembre : "Je ne me gênais pas de leur répéter qu'à être trop contre la religion, on donne encore dans la religion."

En ce qui a trait au Francs Tireurs, j'ai écouté Martineau et son entrevue avec Karim Akouche et Leila Lesbet (une bonne amie de Julie Miville-Dechêne je suis convaincu).  Intéressant.  Karim voit dans chaque musulman un vecteur islamiste et Leila assume que chaque femme porte le voile par oppression masculine.  Réducteur pour les musulmans, réducteur pour les femmes. 

Pour répondre à Karim, je t’invite à lire : Saunders, Doug, The Myth of the Muslim Tide : Do Immigrants Threaten the West?, Random House Canada inc.  Je l'ai lu l'an dernier.  
"It is vitally important to separate the real problems with Muslim immigration from those that are manufactured out of fear and bad information.  The idea of a stealth takeover by Islamic believers is a delusion.  Si is the more moderate idea of a permanently alien and impossible-to-integrate "civilization" in our midst.  Real problems, as worrying the the majority of Muslims as they are to the rest of us, include the rise of anti-Semitism among the children of immigrants who identify with a mythic and faraway Middle East; a set of backward-looking subcultures that treat women as lesser beings, even possessions, to be guarded, hidden or abused; and the defensive retreat of the embittered few into all-consuming religious faith in an otherwise fast-secularizing diaspora.
These reactions, along with the remaining instances of violent Islamic extremism, are best understood as intense responses by insecure people to the modernizing trends of individualism and globalization - the very same trends that produced the Muslim-tide theories and political movements in the West.  These are clashes within civilizations, not between them, and to a large extent they are products of the false belief, held by Muslims and non-Muslims alike, that the world is divided into fixed and irreconciable civilizations.  The larger threat comes not from these immigrants themselves, but from our response to them."
Location 135 (dsl, c'est un livre électronique, le numéro de page est difficile à extraire)


Le voile c'est plus difficile.  Les avis sont nombreux et partagés.  Pour répondre à Leila, je t'invite à lire : Manji, Irshad, The trouble with islam today, St. Martin's Griffin.  Je l'ai lu en 2007.  Irshad Manji y parle énormément de l'émancipation féminine au sein de la religion musulmane; peu de pages sont consacrées au voile, c'est un enjeu très secondaire.  Mais j'y ai trouvé un extrait intéressant : 
" [...] but desert tribalism can be detected even in what Muslims are often instructed to wear.  Millions of Muslim women outside of Arabia, including the West, veil themselves.  They accept that it's an act of spiritual submission.  It's closer to cultural capitulation.  Do you know where Iranian women got the design for their post-revolutionary chadors - the ones that don't let you reveal a wisp of hair?  From a mullah who led Shias in Lebanon.  Now that's a heavy-duty import.  While the Koran requires the Prophet's wives to veil, it never decrees such a practice for all women.  Why, indeed, should it?  Veils protect women from sand and heat - not exactly a pressing practical concern beyond Arabia, Saharan Africa, and the Australian outback.  This means I could wear a turtleneck and baseball cap to meet the theological requirements of dressing modestly.  To cover my face because "that's what I'm supposed to do" is nothing short of a brand victory for desert Arabs, whose style has become the most trusted symbol of how to package yourself as a Muslim woman.  Tell me: Should Allah operate like Prada?"
Page 140.  

Dans ce cas est-ce à nous de réglementer ?  Quelles seront les conséquences sur l'émancipation lorsque ces femmes devront choisir entre leur boulot ou leur religion ?  Que le voile soit imposé ou non par "les hommes" c'est en étant baignées dans la majorité laïque que la probabilité d'une évolution des pensées est maximale.  Certainement pas en demeurant cloîtrées chez elles.


Pour M. Brian Leiter, j’ai commandé son livre et je vais le lire.  Je m’attends à ce qu’il soit instructif bien que très idéologique : “Western democracies are wrong to single out religious liberty for special legal protections.”


À mon tour je t'invite à regarder :
- La réaction de Gérard Bouchard au Téléjournal du 10 septembre : Hyperlien1

- 2 hommes en or, vendredi 20 septembre, le "bing bang" entre Patrick Lagacé et Jean-François Lisée

- Tout le monde en parle, dimanche 22 septembre, le débat entre Bernard Drainville et Gérard Bouchard. : Hyperlien3

Lorsque nous parlerons, j’aborderai avec toi :
Est-ce que la France est un exemple alors que la laïcité à outrance exacerbe les tensions ethniques ?
L’application au quotidien de cette charte.  Qui va s’asseoir avec les employés de l’État pour les ramener dans le droit chemin  ?

Et finalement je t'invite aussi à lire Alain Dubuc dans La Presse ce matin : La montée du populisme
Lorsque nous serons seuls, c'est là que je vais m'embraser !!  car je suis d'accord avec Alain et je m'emporte contre Drainville sur cet item bien particulier !  ... et aussi sur l'opportunisme politique.


En bref, basé sur ce que j’ai lu et entendu, c’est un enjeu de perception sur des cas isolés montés en épingle.  Il n’y a pas suffisamment de cas documentés de problèmes avec les accommodements raisonnables pour en faire la base d’un projet de charte sur les valeurs québécoise.

Je considère, à la lumière de ce que j’ai lu, que les outils légaux sont déjà en place pour protéger notre identité et nos valeurs.  À preuve, le projet de tribunaux islamiques (Charia) a été rapidement et efficacement mis en échec.

Je crois aussi à la force d’intégration d’une société ouverte qui s’assume dans ses valeurs tout en étant tolérante envers les nouveaux venus.  Je considère qu’en voyant et en côtoyant ces différences, nous apprendrons à les comprendre et faire la part entre ce qui est vraiment menaçant et ce qui est une particularité culturelle / religieuse sans impact.  Pensons aux Italiens et Irlandais, immigrants de masse de l’époque.


Les immigrants issus de communautés culturelles ou religieuses différentes s’intègrent à la culture majoritaire (en une ou plusieurs générations) lorsque les voies de communication sont ouvertes et qu’il est possible de s’impliquer dans la communauté d’accueil, d'y gagner sa vie, d'y avoir un avenir. 

Au plaisir de discuter avec toi bientôt !

... donc, tu vas la signer cette pétition ???

(Allez tout voir et lire bientôt,... dans notre monde électronique, la vie des vidéos et éditos... est courte).


Wednesday, May 02, 2012

Grève étudiante au Québec

Encore une fois, je demeure divisé.

J'ai publié un post récemment à ce sujet.

Ce matin ma position est :
"Le mouvement étudiant a gagné suffisamment de point alors que le gouvernement bonifie les bourses, les prêts, les modalités de remboursement et la gouvernance des universités; rentrez en classe !"  

La reprise du mouvement par un paquet d'autres organismes aux agendas bien loin de l'accessibilité aux études m'exaspère.

Voici trois éditoriaux que j'ai apprécié dernièrement.  Dans un sens comme dans l'autre.

Marie-Christine Bernard : "Vouloir régler le conflit étudiant par "l'argumentum ad populum"", 1er mai 2012, La Presse

Lysiane Gagnon : "La grève des ados", 28 avril 2012, La Presse

Mario Roy : "Gouverner", 28 avril 2012, La Presse

Je sais, je lis trop d'un seul médium de droite... mais bon, les minutes sont souvent comptées.

Les articles sont reproduits ci-bas:

Vouloir régler le conflit étudiant par "l'argumentum ad populum"


L'un des procédés rhétoriques favoris de nos dirigeants par rapport au conflit étudiant est l'appel à la majorité. « La majorité des étudiants du Québec suivent leurs cours », martèle la ministre de l'Éducation. Ceci devrait suffire à convaincre les gens que ces jeunes qui demandent une éducation supérieure accessible à tous ne représentent pas la population. Que la population se fout pas mal d'être moins instruite et plus endettée. Qu'elle est du bord du pouvoir.
Or, ce type d'argument n'est rien d'autre qu'un sophisme: argumentum ad populum. Rappelons-nous du fameux « On est six millions, faut se parler » qui vendait de la bière. Montrez-moi donc, madame Beauchamp, tous ces gens dont vous prétendez être la voix, montrez-nous-les, faites-nous-les entendre. Tous de votre bord, vraiment ?

Si, dans le passé, les porte-étendards des changements sociaux s'étaient laissés arrêter par votre argumentaire, vous ne vaudriez pas grand-chose aujourd'hui.

Voyons voir:

- Les 5 et 6 octobre 1789, 3000 femmes marchent sur Versailles. La France comptait alors environ 26 millions d'habitants. Une poignée de mégères, donc, hurlant pour du pain, qu'on a bien tenté de faire taire en les bourrant de brioche. Pourtant, les 60 millions de Français d'aujourd'hui sont bien fiers de ce mouvement d'indignation qui a mené à la République.

- Entre 1876 et 1918, quelques milliers de femmes britanniques ont milité pour le droit de vote. L'Angleterre comptait 40 millions de personnes. On les a bafouées. Intimidées. Ridiculisées. Au nom du plus grand nombre, oui madame, cette majorité que vous qualifiez de raisonnable.

- En 1918, quelques centaines de milliers de personnes appuyaient Gandhi qui voulait faire de l'Inde, sans violence, un pays indépendant. Est-ce que cette minorité ne représentait pas les 251 780 millions d'Indiens d'alors ? Ceux qui ne faisaient pas la grève de la faim étaient d'accord pour demeurer un peuple soumis, traité en sous-citoyen ?

- En 1944, on comptait entre 300 000 et 500 000 résistants en France occupée. Les 40 millions de Français qui n'étaient pas dans le maquis, ils voulaient rester sous la houlette nazie, vous croyez ?

- En 1963, les États-Unis comptaient 160 millions d'habitants. Le 28 août, 250 000 personnes se réunissaient devant le Capitole pour demander que les Noirs aient les mêmes droits que les Blancs. Est-ce que la majorité silencieuse était vraiment du côté des lyncheurs du Mississippi ?

- En 1964, ici, le rapport Parent débouchera sur la démocratisation de l'éducation, les cégeps, les Universités du Québec. Ce rapport montrait la nécessité, pour le bien commun, d'un enseignement supérieur accessible à tous. Combien de membres comptait cette commission ? Sept. Est-ce que la majorité silencieuse était présente lors des débats ? Non. Est-ce que la majorité silencieuse a profité des retombées du rapport Parent ? Oui.

Voilà pour l'histoire. J'aurais pu continuer.

Maintenant, entre 100 000 et 200 000 étudiants sur environ 500 000 sont en grève et demandent que les droits de scolarité des universités n'augmentent pas, pour assurer l'accessibilité aux études supérieures. Sommes-nous huit millions à vouloir qu'ils se taisent et retournent sur les bancs d'école ? Et ceux qui suivent leurs cours et dont le nombre augmente à coups d'injonctions, sont-ils tous de votre bord, madame ? Vous êtes certaine ?

La démocratie fonctionne ainsi. La majorité silencieuse finit par emboîter le pas de ceux qui, à contre-courant, à contre-confort, à contre-indifférence, portent dans la rue les combats sociaux. La résistance est l'affaire de la minorité qui a le courage de l'endosser.

Lorsque vous savourez votre pouvoir, madame, j'espère que vous vous souvenez de ces gens qu'on a méprisés comme votre gouvernement le fait des étudiants, et dont la lutte vous a conduite où vous êtes.

L'auteure est écrivaine plusieurs fois primée (France-Québec 2009 entre autres) et professeure de littérature au collégial.



La grève des ados



Alors, la grève étudiante à l'école primaire, c'est pour quand?

Je plaisante, mais à peine. Cette semaine, quatre écoles secondaires de la Commission scolaire de Montréal ont fermé leurs portes à la suite d'un «vote de grève» pris par les élèves - des ados dont les plus jeunes ont 12 ans!

Que les ados veuillent se donner trois jours de congé pour aller courir dans la rue avec les grands, ma foi, cela se comprend. Un carré rouge, c'est plus excitant qu'une dictée. Ce qui est extrêmement dérangeant, c'est que tout cela s'est fait avec la complicité des autorités scolaires.

Le directeur de l'école François-Joseph Perreault se dit «fier» de ses élèves, pendant qu'une enseignante se pâme devant leur ligne de piquetage: «une belle action!», s'exclame-t-elle.

La Commission scolaire de Montréal a déclaré qu'elle respecte «l'expression démocratique des points de vue» de ses élèves. Sur les sites web des écoles fermées pour cause de piquetage, le message aux parents de la CSDM est annoncé d'une manière presque militante: en lettres blanches sur un rectangle rouge!

Les écoles de la CSDM, qui affichent, faut-il le rappeler, un taux de décrochage alarmant de l'ordre de 30%, n'avaient qu'un devoir, et un seul: forcer les élèves que la société leur a confiés à rester en classe.

C'est bien le comble de l'irresponsabilité que de laisser des enfants qui n'ont pas le droit de vote, ni celui d'acheter des cigarettes ou de l'alcool, se fourvoyer dans des manifs houleuses et possiblement violentes, et dans un débat politique dont on ne leur a même pas exposé les deux côtés, si l'on en juge par l'adhésion aveugle des syndicats enseignants au mouvement de boycott. Cela s'appelle soit de la négligence, soit de l'endoctrinement.

Bien sûr, les «votes de grève» ont été pris à main levée, avec les résultats prévisibles. On ne peut que deviner la solitude de l'ado qui aurait osé faire entendre une voix dissidente.

On ne peut pas aller plus loin dans la démission des autorités face au culte de l'enfant-roi et dans la caricature du syndicalisme, cette grande tradition que les «grévistes» étudiants travestissent allègrement.

Le plus désolant, c'est de voir les dirigeants de la CSN, une centrale dont la pierre d'assise a toujours été la démocratie syndicale et le respect de la base, applaudir aux déviations du mouvement de boycott.

La plupart des votes, dans les cégeps et les universités, ont été pris à main levée: c'est la voie royale vers l'intimidation des dissidents. Je ne sais pas comment les débats sont menés dans chacune des assemblées étudiantes, mais je serais étonnée qu'ils le soient en fonction du code Morin, ce fameux code de procédure qui est la bible de tout délégué syndical CSN et qui assure, en autant que la chose est humainement possible dans des atmosphères survoltées, la qualité démocratique des assemblées délibérantes.

Rappel des règles en cours dans les syndicats CSN: une assemblée ne peut se tenir que si elle regroupe un nombre minimal de membres cotisants (il faut le «quorum»). Le président de l'assemblée ne participe pas au débat. La question préalable, lorsqu'un membre souhaite clore un débat pour qu'on passe au vote sur la proposition, doit être acceptée par le président, lequel refuse s'il considère qu'il faut laisser plus de gens s'exprimer, et elle doit ensuite être votée par les deux tiers de l'assemblée.

Tout vote de grève se tient au scrutin secret. Plus encore, sur n'importe quelle proposition, un seul membre peut exiger la tenue d'un vote secret.


Gouverner



Un gouvernement démocratiquement élu a le mandat de gouverner, ce qui consiste à prendre des décisions et à les faire respecter.

Sauf dans des circonstances extrêmes, inconnues au Québec, l'opposition violente à ces décisions n'est ni légale ni légitime. La persistance dans le désaccord, elle, l'est parfaitement. Et elle peut s'employer à provoquer la défaite du gouvernement au prochain appel aux urnes.

Pardon pour ce fastidieux rappel de quelques évidences perdues dans le rouge peinturluré et le verre fracassé par la violence de la rue. Mais il faut ce qu'il faut.

D'une part, la juste perception de la réalité a été la première victime de l'agitation étudiante. D'autre part, le gouvernement Charest n'est pas réputé pour ses décisions judicieuses ou sa constance dans leur application. De sorte que, si on ajoute l'odeur de scandale flottant autour de lui, il n'est plus dans une bonne position pour se faire respecter. Malgré cela, son devoir est de continuer à gouverner.

Jusqu'aux prochaines élections.

***

Tenir la barre d'une société avancée est devenu, en exagérant à peine, une entreprise... vouée à l'échec. Car un gouvernement est utile dans la mesure où il est capable de faire les choix nécessaires même lorsqu'ils sont impopulaires. Ce qui est proche de l'utopie.

Tout conspire en effet contre un «bon» gouvernement.

D'abord, plus de 40% des électeurs québécois ne paient pas d'impôt sur le revenu, le moyen le plus voyant et le plus souffrant pour le citoyen de nourrir la caisse de l'État. Cela signifie que près de la moitié de la population soutiendra de façon quasi automatique toute bonification de la «gratuité» des services gouvernementaux. Cette dynamique est irrépressible et immuable.

Ceci entraîne cela: il est sur le long terme impossible, non seulement de réduire la taille de l'État, mais de maîtriser sa croissance. C'est une recette pour la catastrophe. Laquelle, ironiquement, déferlera sur ceux qui exigent aujourd'hui dans le bruit et la fureur qu'il croisse encore. Une pression dans le même sens est en outre exercée par de puissants lobbies, ceux des grandes entreprises et ceux des «causes» organisées. Ainsi que par la mécanique interne d'un État moins gouverné par les élus que par ses mandarins, dont le premier souci est de croître et de se reproduire.

S'ajoutent à ce portrait de l'enfer le clientélisme, le gaspillage, la corruption, des maux auxquels aucun gouvernement n'échappe. Les meilleurs les contiennent dans des limites supportables. Les pires sombrent corps et biens.

Tout cela sans parler du fait que la plus timide tentative de l'État de favoriser la création de la richesse est accueillie par les invectives et les huées...

La politique est l'art du possible, veut l'adage. Or, aujourd'hui, gouverner consiste plutôt à se bagarrer avec l'impossible en sachant à l'avance qu'on ne gagnera pas.



Tuesday, March 27, 2012

Kony 2012


J'ai éludé le phénomène un temps car je le snobais.
"Encore un "super" clip viral..." pensais-je.
Mais...  j'ai "cliqué", ...déjà un bras dans le tordeur.
Puis... après quelques secondes, ils ont réussi à me captiver.
Pour finalement toucher mon coeur et ma bourse.
Bravo !


KONY 2012 from INVISIBLE CHILDREN on Vimeo.


Sommaire exécutif:
"On s'unit pour faire pression,
Sur les décideurs et influents
Afin que l'on s'occupe d'un projet
pendant 26ans jugé
non prioritaire.
Arrètons Joseph Kony!

C'est maintenant que ça se passe.
Pour une fois que l'on est déterminé!"

Plus ici



Tuesday, January 17, 2012

3 Excellents Articles !

C'est génial pour un début d'année !
Trois bons articles lus avec un café fumant ;-)
Handicap, Transfuge politique et Lobyisme privé.

Le premier de Stéphane Laporte : Handicapé, publié le 14 janvier
Le principal handicap d'une personne handicapée, ce n'est pas de ne pas marcher, de ne pas voir, de ne pas entendre ou de ne pas parler, c'est de ne pas compter.

Le second d'Yves Boivert : Les idées politiques, publié le 17 janvier
Quand Lucien Bouchard quitte un poste de ministre pour siéger comme indépendant et ensuite fonder un parti, il ne choisit pas la facilité. C'est plus impressionnant qu'une Lise Saint-Denis, élue depuis sept mois députée NPD, qui nous dit qu'elle «réfléchit depuis six mois» à devenir libérale...
Le dernier de Stéphane Lagacé : J'espère que c'est payant, Mme Normandeau, publié le 17 janvier
[...] pour quelqu'un qui nous a fait la morale sur cette calamité qu'est le désenchantement de la population vis-à-vis des politiciens, disons que Mme Normandeau a fait un choix de carrière malodorant comme une flatulence de Holstein.
... délicieux mais il faut connaître le contexte et les références à la défense des Gaz de Schiste de Mme Normandeau.  Des explications ici avant que ce ne soit archivé.



Évidemment, puisque tout ceci à tendance à disparaître au gré des demies-vies d'électron, j'ai recopié le tout ici...


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Handicapé / Stéphane Laporte / 14 janvier 2012
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Handicapé. C'est un mot que je n'ai jamais accepté. C'est un mot qui m'a toujours fait mal, qui m'a toujours fermé. Pourtant, quand les gens me croisent dans la rue, c'est sûrement le premier mot qui leur vient en tête. Sans méchanceté. Tout simplement parce que, pour eux, c'est ce que je suis. Une personne qui a de la misère à marcher. Une personne en fauteuil roulant. Une personne handicapée.
Je m'en fous. J'ai toujours refusé de me nommer ainsi. Pourquoi réduire une personne à ce qu'elle ne peut accomplir, alors qu'il y a tant de choses qu'elle peut faire?


Le corps humain est bien fait. Nos yeux sont tournés vers les autres, pas vers nous. Si bien que mon handicap, je suis la personne qui le voit le moins. Bien sûr, parfois il m'arrête, il me bloque. Et ce n'est que dans ces moments que je me sens limité. Le reste du temps, je me prends pour Superman, comme vous tous.


Je hais tellement le mot handicapé que, sur ma voiture, il n'y a pas de vignettes de handicapé. Et je paie l'amende quand je me gare dans les endroits réservés.


Petit, j'ai décidé que je n'allais pas laisser ce mot m'isoler, m'embarrer. Ma mère a convaincu la directrice de m'accepter à l'école des enfants normaux. Et j'ai fait ma place, avec les autres, comme les autres. Évidemment, j'étais le plus poche au ballon chasseur mais, au moins, j'étais. Et quand les enfants me demandaient ce que j'avais aux jambes, je répondais: des pantalons.


Je ne parlais jamais de mon handicap. Ni à ma famille, ni à mes amis, ni à mes blondes. À personne. Était-ce du déni? Peut-être, il y avait de ça. Pour moi, c'était la meilleure façon d'imposer tout ce que j'étais d'autre que cette erreur de la nature. C'était la meilleure façon de ne pas me laisser réduire à ça.


Savez-vous à qui j'ai parlé de mon handicap pour la première fois? C'est à vous, chers lecteurs. Parce que lorsqu'on a le privilège de chroniquer dans un journal, il faut écrire franc, il faut écrire net. Quand on a la prétention de révéler des vérités, il faut d'abord révéler la sienne. Même la partie qui ne nous plaît pas. J'ai brisé mon tabou comme on brise le silence. Pour me rapprocher de vous. Avec ma façon particulière d'avancer.


Je vous en remercie. Je crois qu'en me rapprochant de vous, je me suis rapproché de moi aussi.


Bien que j'aie traité de mon infirmité à quelques reprises dans ces pages, je n'en ai jamais parlé ailleurs, sauf à de très rares occasions. Seule l'écriture permet les nuances et les délicatesses nécessaires aux révélations de l'intime. Dans la vraie vie, je changeais de sujet parce que le mot handicapé sonnait toujours aussi dur à mon coeur. Et surtout, parce que je n'en avais pas besoin. Tout simplement.


Récemment, j'ai compris que les autres en avaient peut-être besoin. Je suis un magané chanceux. Je suis sorti pas si poqué que ça de mon accouchement difficile. J'ai eu des parents qui m'ont donné confiance en moi. Et j'ai rencontré des gens, tout au long de ma vie, qui m'ont permis de faire ce que j'aime. Toutes les personnes différentes ne sont pas aussi gâtées que moi.


Voilà pourquoi, avant Noël, lorsque l'Office des personnes handicapées m'a demandé de devenir porte-parole de la remise des prix À part entière, j'ai dit oui. Toute ma vie, j'ai fui le mot handicapé, et voilà que je vais devoir l'assumer. Ça vaut la peine. La cause est beaucoup plus importante que mon orgueil.


Le prix À part entière récompense les individus, les entreprises et les organismes qui font des gestes significatifs pour faire progresser la participation sociale des personnes handicapées. Parce que le miracle, il est là. Le principal handicap d'une personne handicapée, ce n'est pas de ne pas marcher, de ne pas voir, de ne pas entendre ou de ne pas parler, c'est de ne pas compter. Le besoin vital de tout être humain, c'est de donner un sens à son existence. Les personnes handicapées sont trop souvent laissées de côté. On oublie de les intégrer. Il ne faut pas seulement les aider, il faut leur permettre de nous aider. Car nous avons besoin d'elles. Car vous avez besoin de nous.


Plein de gens au Québec ont le souci de donner aux personnes handicapées la place qui leur revient. Il faut souligner leur effort en espérant que leur exemple en inspirera d'autres.


Handicapés ou pas, tous les êtres humains sont limités, mais ils doivent tous avoir la chance d'aller au bout de leurs limites.


Devenir porte-parole des prix À part entière me permet d'aller au bout d'une de mes limites. Celle que le mot handicapé dressait devant moi depuis toujours. Cette crainte d'être exclu par lui, d'être réduit par lui, en l'assumant, je l'ai vaincue.


Handicapé ou pas, on ne se sent vraiment bien que lorsqu'on aide les autres.


Merci à l'OPHQ de me permettre de me sentir comme ça.


Je vais essayer de bien faire ma job de porte-parole...


Vous avez jusqu'au 10 février pour vous inscrire pour le prix À part entière. Il y a 17 prix régionaux et un prix national. Un total de 27 000$ sera distribué en bourses aux lauréats. Le formulaire d'inscription se trouve sur le site de l'OPHQ: www.ophq.gouv.qc.ca


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Les idées politiques / Yves Boivert / 17 janvier 2012
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Comme tous les vendredis matin, Nathalie Collard était attablée à la cafétéria de La Presse, pour confesser son invité de la semaine. C'était François Rebello.


Je reviens pour un autre café une demi-heure plus tard, ils sont toujours là. Troisième visite, Rebello est encore là qui cause, qui cause...


Si on le laisse faire, il va fermer l'endroit! Ça fait longuet pour répondre à 10 questions plus une...


Manifestement, ce garçon sent le besoin d'ensevelir son malaise sous des piles et des piles de phrases.


Mais plus il s'explique, plus il se complique.


Il a commencé en disant que son départ était un pas vers la souveraineté, il a aussi dit qu'il se joignait à François Legault pour l'environnement...


Et quand Nathalie Collard lui a demandé: «Pourquoi n'avez-vous pas simplement dit: «Legault est mon homme, je me joins à lui» plutôt que de parler d'environnement et de souveraineté pour justifier votre geste?», il a trouvé une troisième raison: le développement économique.


«Ce n'est pas seulement parce que c'est mon homme, mais parce que je sais qu'il est capable de propulser des entreprises sur le plan international, ce qui, à mon avis, est une priorité pour que le Québec retrouve confiance.»


La semaine prochaine, ce sera sans doute pour l'agriculture.


* * *


Comprenons-nous bien. Je reconnais pleinement le droit d'un député de changer de parti. Soit parce qu'il a changé d'idées. Soit parce qu'il a un désaccord fondamental. Je ne vois pas comment on pourrait le leur interdire formellement.


Mais toutes les vestes retournées n'ont pas la même valeur. Quand Lucien Bouchard quitte un poste de ministre pour siéger comme indépendant et ensuite fonder un parti, il ne choisit pas la facilité. C'est plus impressionnant qu'une Lise Saint-Denis, élue depuis sept mois députée NPD, qui nous dit qu'elle «réfléchit depuis six mois» à devenir libérale...


Laissons cette pauvre dame, dont on n'entendra plus jamais parler, sauf si elle est l'unique survivante d'un incendie du parlement.


Revenons au cas Rebello.


Le problème n'est pas qu'il «abandonne l'option». C'est qu'il essaie de nous faire croire qu'il ne l'abandonne pas. Le problème n'est pas qu'il déménage. C'est qu'il prétend rester à la maison pendant qu'il remplit le camion de déménagement.


Le problème n'est même pas le très évident opportunisme qui l'anime; les politiciens ont le droit de jouer pour gagner. Témoin, Denis Coderre, opportuniste assumé.


C'est sa prétention à déguiser son passage à la CAQ en décision de principe qui est ridicule.


«Je suis un homme de conviction et cette conviction, c'est la souveraineté, pas le Parti québécois», dit-il.


Ah oui? Si sa «conviction» est la souveraineté, que diable va-t-il faire dans un parti qui ne la propose pas? Parce qu'il préfère gagner sans défendre la souveraineté plutôt que de perdre en la défendant. C'est une vague opinion, donc, pas une conviction. Ce n'est pas le moteur de son engagement.


L'environnement? Oh, il en sera sûrement le champion à la CAQ. Mais il n'est pas allé là «pour faire un Québec vert». Il n'y a pas tellement de doute que la CAQ sera moins écolo que le PQ.


Je répète que je ne lui reproche pas de vouloir gagner ou d'avoir abandonné quoi que ce soit, ni même de faire des compromis pour prendre le pouvoir et «changer des choses».


Il y a un courage, même, à assumer ses changements d'idées et à les défendre sur la place publique. S'arracher d'une famille politique, comme l'ont fait Pierre Curzi ou Louise Beaudoin, cela demande également du cran.


Mais voir Rebello dire une chose avec ses phrases et une autre avec ses pieds nous donne une idée de l'envergure de ses convictions.


* * *


François Legault n'a pas fait plaisir aux péquistes en abandonnant le projet d'indépendance. Mais il l'a fait en partant de zéro, sans tromper personne, et sans prétendre faire autre chose que de proposer cela: abandonner l'option indépendantiste. Pour déployer l'énergie politique au Québec autour d'autre chose que le statut constitutionnel. Changer le coeur du débat.


Il entretient plus de flou depuis quelques semaines, on comprend pourquoi. Mais enfin, il fera une proposition sur quelques sujets déjà annoncés, on votera ou pas pour lui.


Rebello est comme plusieurs de ces politiciens professionnels qui sont tombés dedans tout petits. Il a ses idées, bien sûr. Mais c'est surtout un junkie du jeu politique.


Il a l'air tout excité d'avoir serré la main de Mitt Romney, leader des candidats républicains. Il dit même que Romney est le «Legault du Parti républicain». C'est en effet comme lui un homme d'affaires devenu politicien. Mais à part ça? A-t-il regardé un peu ce que défend Romney? Pro-vie, pour l'augmentation des budgets militaires, contre les soins de santé publics...


Quelle idée d'aller comparer ces deux-là? A-t-il des idées politiques un peu conséquentes? Ou est-il plutôt exactement cette sorte de politiciens vieille école dont la CAQ nous dit qu'elle ne veut plus?


Faudrait pas faire du vieux avec du neuf.


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J'espère que c'est payant, Mme Normandeau / Patrick Lagacé / 17 janvier 2012
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Appelez-moi le Jojo Savard de l'information, O.K.? Comme la blonde et autrefois célèbre astrologue, j'ai prédit l'avenir.


La différence?


Moi, j'ai raison.


Le 12 septembre, donc, j'ai publié dans ce journal une chronique intitulée Lettre à Nathalie Normandeau, après la démission de la vice-première ministre et ministre des Ressources naturelles.



J'évoquais ces anciens ministres qui avaient abouti dans l'entreprise privée, dans des domaines relevant de ministères qu'ils avaient pilotés. Je nommais Philippe Couillard, passé de ministre de la Santé à patron d'une firme qui veut faire de la santé un business. Je pensais à Guy Chevrette, qui a représenté le lobby des forestières après avoir été ministre responsable des forêts.


Extrait: «Mme Normandeau, je vous souhaite une vie professionnelle heureuse, après la politique. Je nous souhaite que vous n'aboutissiez pas sur le payroll d'une industrie d'un domaine dont vous avez été, ces dernières années, ministre.»


Qu'a-t-on appris, le 12 janvier dernier, dans un topo d'Alain Laforest, de TVA? Que Nathalie Normandeau avait un nouvel emploi: vice-présidente aux Affaires stratégiques de Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT), qui est bien plus qu'une simple firme de comptabilité. C'est une firme-conseil pour entreprises.


Ma foi, je lis dans les entrailles de l'actualité!


Selon Laforest, donc, une des responsabilités de Mme Normandeau chez RCGT sera de conseiller les clients de la firme sur les façons de profiter du Plan Nord.


Le reportage est sorti jeudi soir. RCGT a choisi de ne pas commenter les informations de TVA. Mme Normandeau aussi.


Ce n'est que le lendemain après-midi que les principaux intéressés ont réagi, jurant leurs grands dieux que, pas du tout, l'ancienne ministre ne conseillera pas des clients privés sur les meilleures façons de tirer profit du Plan Nord, dont Mme Normandeau était responsable jusqu'à tout récemment...


Mme Normandeau nie. La firme RCGT aussi. Je note que le démenti est sorti le lendemain du reportage de TVA. Personnellement, à leur place, j'aurais choisi de démentir sur le coup, quand le journaliste a téléphoné. Pas le lendemain, question de ne pas laisser courir pendant des heures une «fausse» nouvelle...


Laforest est un bon reporter parlementaire, crédible. Il n'a pas l'habitude de lancer des sottises en ondes. Je le crois quand il dit qu'il a appris qu'une des responsabilités de Nathalie Normandeau chez RCGT sera d'aider les clients de la firme à tirer profit du Plan Nord, dont elle avait la responsabilité au plus haut niveau de l'État, jusqu'à tout récemment.


RCGT a beau dire - une journée plus tard - que c'est faux, Mme Normandeau a beau dire qu'elle va s'imposer des garde-fous, reste que j'ai une toute petite question...


Comment puis-je vérifier ça, moi?


Quand des lobbyistes rencontrent du personnel politique ou un ministre, il y a des traces. C'est consigné, c'est public. Parce que l'État s'est donné des règles assurant un minimum de transparence sur les interactions des intérêts particuliers et des officiels publics.


Si Nathalie Normandeau rencontre les patrons d'une société minière (par exemple) ayant recours aux services de RCGT, comment puis-je le savoir? RCGT est une entreprise privée. La minière aussi. Leurs interactions ne sont pas soumises à des mécanismes de transparence.


Il faut donc se fier à la parole de RCGT et à celle de Mme Normandeau.


Mais allons au-delà du cas de Mme Normandeau, qui se vantait dans le communiqué de presse de RCGT de ses «connaissances de l'appareil gouvernemental».


Parlons des «ex» qui monnaient l'expertise qu'ils ont acquise à défendre - supposément - le bien public auprès de clients privés.


Pourquoi le privé? Pourquoi des grosses jobs comme patron du lobby des forestières ou patron d'une firme de santé privée? Pourquoi toujours des créatures qui ont un intérêt à connaître l'ADN de l'État?


Pourquoi pas la Croix-Rouge?


Pourquoi pas Moisson Montréal?


Pourquoi pas directeur régional des Tim Hortons du Grand Valleyfield?


J'ose cette explication: parce que c'est moins payant...


Alors, Nathalie Normandeau peut bien nous bassiner avec son «droit de gagner sa vie», on devient las de ces politiciens qui, une fois qu'ils ont servi le bien commun, décident d'en extraire la substantifique moelle pour la tarifer à l'heure, au profit du privé...


Éric Caire, député caquiste, a porté plainte au Commissaire à l'éthique pour qu'il se penche sur le nouvel emploi de Nathalie Normandeau. Comme dit François Legault: on verra...


Peut-être que Mme Normandeau n'enfreint aucune règle éthique en acceptant d'aller distiller chez RCGT tout le savoir qu'elle a acquis alors qu'elle était au service de l'État.


Mais pour quelqu'un qui nous a fait la morale sur cette calamité qu'est le désenchantement de la population vis-à-vis des politiciens, disons que Mme Normandeau a fait un choix de carrière malodorant comme une flatulence de Holstein.


Un sujet sur lequel l'ancienne ministre en sait un petit bout. On ne sait jamais, ça pourrait profiter aux clients de RCGT...


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Thursday, July 28, 2011

Galimatias

Quel beau mot, rarement utilisé.  Je l'ai retrouvé au détour d'un article fort sérieux sur la tuerie en Norvège.

Le mot puis l'article.

Selon le wiktionnaire, voici la petite histoire, l'étymologie du mot:


L’origine exacte de ce mot est obscure; certains le rapportent à l’argot scolaire de la Renaissance humaniste et en font un composé où gallus (« coq ») désigne un étudiant participant aux discussions réglementaires, avec la terminaison grecque -mathia (« science »); d’autres le font dériver du grec byzantin κατὰ Ματθαῖον katà Matthaîon signifiant « selon Matthieu »; l’Évangile selon Matthieu était récité sur un ton de monotone psalmodie, d’où le sens de « discours, psalmodie ».
Une autre hypothèse est couramment avancée : jusqu’au XVIe siècle, dans les tribunaux, les plaidoiries se faisaient en latin. Ainsi, un jeune avocat défendant la cause de son client nommé « Matthias » et dont le coq importunait le voisinage le matin, se trompa en voulant dire « le coq de Matthias » (soit en latin gallus Matthiae). Or, il dit à la place « galli Matthias » (littéralement « le Matthias du coq ») ce qui provoqua inévitablement l’hilarité générale dans le tribunal. C’est cette bourde, restée fameuse, qui serait à l’origine de notre galimatias.

... et pour la signification 

Nom commun galimatias /ga.li.ma.tja/ masculin
- Discours embrouillé et confus, qui semble dire quelque chose et ne dit rien.
  • Tout ce qu’il dit, tout ce qu’il écrit n’est que galimatias.
  • C’est un pur galimatias.
  • Je n’entends rien à tout ce galimatias.
  • Galimatias double ; galimatias que ne comprend ni celui qui le fait, ni celui qui l’écoute ou qui le lit.
  • Qui songe à votre argent dont vous me faites un galimatias ? — (Molière, L'Avare ou l'École du mensonge, acte , scène)
L'article maintenant où Marc Simard exprime son opinion, ma foi fort importante, 


Marc Simard

L'auteur est professeur d'histoire au collège François-Xavier-Garneau, à Québec.
Vendredi dernier, alors que les informations et les images en provenance de Norvège ont commencé à circuler sur le web et dans les médias, un sentiment de désespoir et d'impuissance m'a envahi, comme à chacune des tueries dont j'ai été témoin indirect depuis de nombreuses années. Pas seulement à cause de la démence du geste et de la souffrance des victimes et de leurs proches, mais aussi parce que je savais que nous aurions à subir collectivement un matraquage médiatique centré sur la personne du tueur avec photographies, témoignages et documents à l'appui.
Comme à chacune des fois précédentes, je me suis demandé pourquoi les médias fournissent autant de publicité gratuite à un déséquilibré dont c'est précisément une des motivations principales: faire parler de lui et de ses idées et voir sa face d'illuminé révélée au monde entier.
Un tel geste devrait être l'occasion pour les médias sérieux et responsables de s'interroger sur leurs pratiques en la matière, sur quatre points précis.
D'abord, il m'apparaît malsain de publier toutes les photos disponibles de l'halluciné, y compris celles où il endosse son uniforme d'opérette et où il brandit fièrement son arme. Pour une majorité de citoyens, ces images n'auront pas d'autre effet que de satisfaire leur curiosité (malsaine') ou de susciter une certaine répulsion. Mais elles alimenteront malheureusement les délires des psychopathes en herbe et susciteront vraisemblablement des vocations. Une photo passeport au maximum.
De même, pourquoi nommer le meurtrier' En effet, la simple publication de ses initiales et la mention de sa nationalité seraient largement suffisantes et le priveraient de la notoriété à laquelle il aspire.
De plus, pourquoi publier des extraits de son indigeste galimatias, qui n'a aucune valeur intellectuelle ou même historique' Un court résumé des motifs absurdes qu'il invoque dépasse déjà largement l'espace auquel l'indigence de sa pensée devrait lui donner droit.
Enfin, et c'est probablement le plus important, on devrait s'abstenir de ressusciter, à chaque massacre, les auteurs des hécatombes du passé en mentionnant leurs noms et en exhumant leurs photos des archives, où elles devraient se racornir à jamais. Ces bouchers ne sont pas des héros et encore moins des modèles. Qu'on n'ignore ni les gestes ni les victimes, mais qu'on relègue leurs auteurs aux oubliettes de l'histoire. C'est le châtiment le plus approprié (et d'une certaine façon le plus cruel) qu'on puisse leur infliger!
Les professionnels de l'information devraient centrer leur attention sur les témoignages, les réactions de la population, les analyses des spécialistes et les réponses des autorités. Et laisser aux chacals et aux bouffe-merde les divagations du détraqué et son entreprise d'autopromotion.
On rétorquera qu'il en va du droit du public à l'information, mais cet argument est un peu court. Qu'on me permette de douter que la photo d'un clown dans un costume d'Halloween constitue une information. Il ne s'agit pas de censure, mais de responsabilisation. Outre la concurrence des médias rivaux, la publication de toutes ces informations est-elle nécessaire ou même utile et n'est-elle pas, dans une certaine mesure, néfaste' Voilà la question.

Thursday, May 05, 2011

Élection 2011 - Résultats Chambly Borduas

Lors de mon dernier post, je vous présentais Jean-François Mercier ainsi que les jeux de son élection, ou non.

Voici les résultats, très locaux, du vote du 2 mai dernier.  Pour les résultats généraux, ... vous savez où aller ;-)

... il n'a pas gagné mais troisième, c'est quand même surprenant.  De toute façon nous ne sommes pas à une surprise près dans cette élection ...

Saturday, April 23, 2011

Le gros cave

Le monde vu de Beloeil cette semaine ...

Quelle ne fut pas ma surprise de constater, en ouvrant mon journal régional que Jean-François Mercier, dit "Le gros cave", s'est présenté aux élections fédérales... dans MA circonscription.

Pied de nez au système politique, coup de marketing fumant, impertinence crasse, sympathique bonhomie... j'ai tout entendu car il a suscité des réactions dans tous les médias; c'est donc un grand coup de marketing, au minimum: "Parlez de moi en bien, parlez de moi en mal, mais parlez de moi."

Vais-je voter pour lui ?

... qu'il puisse présenter sa candidature en suivant le processus standard je ne peux être contre cela.

... qu'il utilise cette tribune pour servir un paquet d'inepties c'est un peu triste mais bon, c'est aussi la faute des médias qui lui accordent autant de temps d'antenne.  - je suis coupable autant qu'eux -

... On le trouve divertissant ou peut-être sommes-nous seulement voyeurs ou simplement curieux, le fait est qu'on l'écoute, au moins pour nous servir quelques lignes, il sait être punché. Je le trouve drôle.

... Qu'il jette dans l'ombre les autres candidats locaux c'est la faute du lecteur qui n'a qu'à faire ses devoirs. Je dirais qu'il m'a influencé dans l'autre direction car j'ai pris le temps de lire ce que les autres candidats locaux avaient à déclarer, un peu décevant.

Et s'il était élu...

... là se serait un vrai problème. Ce serait comme un cancer pour la démocratie, un signe que le système ne fonctionne vraiment plus, que les électeurs ne prennent plus ce rôle au sérieux. Le Parlement à un manque cruel d'élus compétents, il n'y a pas place pour les amuseurs publics. Mais... aux dernières élections André Arthur a été élu, n'est-ce pas déjà un pas vers la décadence ?

Non, je ne voterai pas pour lui.


Thursday, March 10, 2011

Chercher le courant: Les castors contre-attaquent !

Mon amie Catherine vient de publier un post qui ramène la question fondamentale: "que ferons-nous lorsque nous serons 9 milliards d'humains sur Terre?".  C'est très bien écrit, c'est poétique, à lire ici.  Je reprends le vidéo de National Geographic



J'ai le goût de lui répondre par ce post spécial.

Moi aussi ça m'interpelle 9 milliards, c'est étourdissant un chiffre dont on ne peut saisir l'ampleur.  Toutefois je crois que c'est la meilleure ou la pire chose qui pourra nous arriver.

La meilleure car lorsque nous serons si nombreux, les ressources prendront une valeur si importante que nous arrêterons de les gaspiller car nous n'en n'aurons plus les moyens.  Pensez au développement de l'auto électrique qui est maintenant un produit de consommation courante.  Il n'y a pas si longtemps, des légendes urbaines (ou peut-être pas) faisaient état d'un cartel du pétrole qui achetait les idées des inventeurs afin de tuer ce produit dans ses balbutiements de développement.  Or aujourd'hui lorsque je fais le plein à 1,33$ le litre (6 mars 2011) je rêve d'une Prius, option inexistante lors du choc pétrolier des années 1970.

La meilleure car nos sociétés de l'automobile arrêteront l'étalement urbain sur des terres arables cultivables lorsque les pays étrangers en auront suffisamment achetées pour nous mettre en pleine face leur valeur stratégique.

La meilleure car enfin le capitalisme aura une bourse du carbone planétaire qui, bien que philosophiquement imparfaite, est la meilleure solution pour assurer le développement et l'exploitation d'énergies renouvelables tout en protégeant le bien commun écologique.

La meilleure car cette pression sur les ressources et les denrés pousse déjà à la porte nombre de dictateurs moribons au model de développement social disons... corrompu et coercitif.

C'est poussé à la limite par le nombre que l'on verra l'Homme s'élever et devenir responsable, par nécessité plus que par choix car aujourd'hui les autres choix sont encore trop faciles à faire.  Malgré tout, le changement s'accomplit déjà, nous en sommes les acteurs, les témoins.

La pire chose car si nous n'agissons pas assez vite on pourrait bien se ramasser avec une île de Paques planétaire... d'où nous serons absents... exilés en orbite en quelque part ou tout simplement disparus.

C'est aussi pour tout ces enjeux qui dépassent de loin les frontières de notre insignifiante province que je suis pour l'exploitation d'un cocktail de solutions pour la production d'énergie afin de subvenir aux besoins du plus grand nombre le plus écologiquement possible tout en s'enrichissant, collectivement, par la bande.
Je suis pour la Romaine en autant que ce soit rentable à moyen terme, ce que semble démontrer les données de source neutre disponibles (production à 6¢, durée de vie 100 ans).  Mais je suis encore ambivalent...



Je suis pour le développement de la filière éolienne, géothermique, marémotrice ainsi que la fusion nucléaire.

Je suis aussi pour l'exploitation responsable des gaz de schistes.  Un moratoire de 20 ans me semble absurde. Un développement contrôlé à partir de recherches en collaboration (universitaire, gouvernemental, industriel) faites sur un puit d'essai, oui.  Le gaz c'est écologiquement mieux que le pétrole et cela pourra servir à financer le développement de solutions plus écoénergétiques.
2011-03-10 : Mise-à-jour : Le rapport du BAPE qui vient de sortir sur ce sujet chaud abonde exactement dans le même sens ;-)  Pour en trouver une copie, suivre ce lien


Le lien vers l'article de Jean-François Lisé qui cite plein d'internautes:
Alertinternaute de la semaine - Chercher le courant: Les castors contre-attaquent ! | Le blogue de Jean-François Lisée

La copie de l'article car trop souvent ces liens s'évanouissent...




Chercher le courant: Les castors contre-attaquent !


Publié dans : Alertinternaute de la semaineEnvironnementÉconomie


Le film “Chercher le courant” et les billets que j’y ai consacrés ont poussé plusieurs alertinternautes à participer au débat.
L'argument de la durée...
L'argument de la durée...
Je rends compte ici des contributions qui m’ont semblé, jusqu’ici,  les plus riches en information. Elles vont principalement dans le sens d’une défense économique et parfois écologique de la construction de La Romaine. Et offrent, à mon avis de généraliste, une meilleure défense du projet que ce qu’en a fait jusqu’à maintenant Hydro-Québec.
Mais le débat est ouvert et j’ai l’impression qu’il y aura une contre-contre attaque…
Pierre-Olivier Pineau, spécialiste  en énergie aux HEC, envoie la contribution suivante:
Ce documentaire est excellent, mais je ne crois cependant pas qu’il aura l’impact de L’erreur boréale, ni même que la principale conclusion qu’il suggère (que La Romaine est une erreur) soit correcte.
Il n’aura pas l’impact de L’erreur boréale parce que les dommages (environnementaux) que La Romaine cause restent limités et sont compensés par certaines mesures locales et, surtout, par les Gaz à effets de serre (GES) évités lorsqu’on exportera sa production.
De plus, les problèmes soulignés par le film ne sont pas que des problèmes dont le gouvernement est responsable: nos médiocres ambitions en efficacité énergétique ne sont pas que le résultat d’un gouvernement sans politique énergétique cohérente. C’est plutôt la conséquence du fait que la grande majorité des consommateurs ne cherche pas à consommer moins d’électricité, ce que les bas prix permettent de faire sans problème. Or la plupart des Québécois veulent maintenir des bas prix… et les gouvernements écoutent les électeurs (sur ce point là).
Les énergies renouvelables, brillamment présentées dans le film sont encore malheureusement soit trop chères, soit pas assez contrôlables pour permettre d’exporter aux meilleurs moments, soit les deux. La Romaine vise clairement l’exportation dans un statu quo d’efficacité des prix (voulu par les Québécois): un projet éolien ne serait donc pas un substitut direct acceptable d’un point de vue commercial.
Le dernier point à traiter, central, est celui de la rentabilité du projet. À 9,2¢/kWh, tout le monde fait de l’argent (Hydro-Québec et les redevances hydrauliques sont payées). Le seuil de rentabilité est en fait à 6,4¢/kWh – ce qui est raisonnable parce que les principaux coûts de La Romaine sont le paiement des intérêts sur la dette. À 5% d’intérêt, le prix de revient serait en fait moindre – et Hydro-Québec vient d’emprunter 500$ millions à 5%, pour 40 ans. Le risque de taux variables est donc largement absent par la longueur des échéances des obligations.
Pour qu’Hydro-Québec ne puisse pas vendre la production de La Romaine à profit à partir de 2014, il faudrait que le prix du gaz naturel reste inférieur à 6 de 2014 à 2074 (si on utilise un horizon de 60 ans pour l’amortissement). (Le prix du gaz naturel est important parce que c’est la source d’énergie utilisée pour produire de l’électricité à défaut d’avoir de l’hydroélectricité, c’est donc la base des estimés pour le prix à l’exportation). Or on observe déjà ce prix [de 6]sur les marchés des “futures” pour 2015. De plus, les scénarios de bas prix du gaz sur de longues périodes (comme ceux que croient Jean-Thomas Bernard) impliquent les choses suivantes: (1) l’offre de gaz de schiste restera abondante et croissante, sans être contrainte; (2) la demande de gaz naturel restera stable; et (3) peu ou pas de contraintes sur les GES vont être mises en place. Il serait extrêmement étonnant que ces trois prémisses se réalisent, et que le gaz naturel entre dans une période prolongée de bas prix (comme ce n’est jamais arrivé, malgré ce qu’on croyait autour de l’an 2000, lors que le Suroit était prévu).
Pour que La Romaine soit rentable, il faut donc que l’électricité alternative -sur les marchés d’exportation- se vendent à au moins 6,4¢/kWh… une chose hautement probable dans les années à venir.
Évidemment, aujourd’hui le prix de vente est plus souvent autour de 5¢/kWh, parce qu’on est en fin de récession. La construction de La Romaine se fait de manière précipitée – il aurait évidemment fallu faire nos efforts d’efficacité énergétique avant et attendre que les prix à l’exportation soient plus élevées. Mais le développement régional (et les entrepreneurs locaux et provinciaux) sont très contents que le gouvernement agissent de manière précipitée. On a donc une explication pour la construction hâtive. (Et sans doute des scandales encore ignorés, comme le suggère d’ailleurs le film).
À terme, cependant, La Romaine a toutes les chances d’être rentable et de faire diminuer le bilan de GES global (le seul qui compte) et personne n’en parlera plus.
Pierre Gilbert, du Groupe de recherches écologiques de La Baie, insiste sur la durée et la durabilité des barrages par rapport aux éoliennes: 
L’énergie nette produite par les éoliennes: elles ont une durée de vie de 20 à 25 ans contre 50 à 100 ans pour les barrages hydroélectriques au Québec. Dans un monde qui s’affranchit progressivement du pétrole, cette notion de l’énergie nette, ou rendement énergétique, est fondamentale.
La fragilité. Les éoliennes sont les machines ancrées au sol les plus complexes que l’humain ait créé. Cet aspect n’est pas mineur au regard de la quantité d’éoliennes qu’il faudra implanter au lieu de barrages hydroélectriques.
Puis, la justification de l’hydroélectricité se passe très bien de l’adhésion idéologique au modèle de la croissance économique et énergétique perpétuelle. Au GREB, nous considérons indispensable, pour parvenir au Québec à l’indépendance au pétrole d’ici 2030, le recours à l’énergie hydroélectrique, en plus de l’éolienne, tout en réduisant de 13% notre consommation globale d’énergie en chiffres absolus par rapport à 2005, ce qui serait du jamais vu dans le monde. En d’autres termes, le dernier point fondamental dont je vous exhorte à tenir compte consiste à tenir compte des ordres de grandeur en présence lorsqu’il est questions d’énergie.
L’alertinternaute Bouchcl, lui, pointe d’abord sur la rentabilité des barrages à long terme:
A-t-on déjà perdu de l’argent en construisant des centrales hydroélectriques au Québec? Non. Avec l’hydro, presque tous les coûts sont fixes et payés sur 30 ou 40 ans alors que ces projets produiront de l’énergie pendant des décennies supplémentaires. Le projet de la Baie James est aujourd’hui très rentable, même si les coûts de construction ont triplé et que les taux d’emprunt ont parfois dépassé les 15%.
Aujourd’hui, nous avons l’avantage supplémentaire d’emprunter à des taux historiquement très bas (les plus bas depuis la construction de Bersimis) et de pouvoir financer ces projets avec 60% de dette et 40% de capital.
Avec les nouveaux projets de lignes à haute tension (le Champlain Hudson Power Express vers la ville de New York et le Northern Pass vers le New Hampshire), nous bénéficierons bientôt de débouchés supplémentaires sur les marchés les plus lucratifs des États-Unis.
Et il faut se dire les vraies affaires: personne au sud de la frontière ne peut construire 1550 MW d’énergie propre à 6,4¢/kWh ($ de 2015). Et il ne faut pas oublier que nous avons le monopole du stockage de l’énergie électrique, ce qui nous permet de choisir quand nous vendrons cette énergie pour maximiser nos profits.
Enfin, il ne faut jamais oublier que nous avons un fournisseur capricieux au Labrador et que le contrat avec ce fournisseur se terminera en 2041. Le Québec doit conserver un rapport de force pour éviter le chantage de Terre-Neuve au moment de renouveler le contrat de Churchill. La Romaine fait évidemment partie de cette équation.
Il revient ensuite sur la différence de puissance entre le projet de La Romaine et une proposition alternative de parc éolien:
Donc si je vous comprends bien M. Lisée, un projet éolien de 2200 MW installé par le privé dans la zone de plus fort verglas au Québec et où la température descend sous les -30°C est supérieur à un projet hydroélectrique de 1550 MW construit par l’État au même endroit.
En toute humilité, je vois un problème à votre argument central. Il est fréquent dans la population en général de considérer que l’hydro et l’éolien sont deux sources d’énergie renouvelable qui sont équivalentes. Or l’hydro et l’éolien ne sont pas des substituts parfaits.
Analysons froidement chacune des deux propositions. Les deux appels d’offre éoliens (2845 MW de puissance installée) produiront 9 TWh en 2016 (Voir ici, tableau 3-1-1, page 23, (pdf)). On s’attend à ce que leur contribution en puissance atteigne 30% (voir ici, pdf). Des estimations de 2500 $/kW sont fréquemment citées, ce qui nous donne un total d’environ 7 G$ pour une série d’installations dont la durée de vie estimée est de 25 ans.
De l’autre côté, on a [avec La Romaine] quatre centrales hydroélectriques avec une puissance de 1550 MW et une production de 8,5 TWh qu’on construira pour 6,5 G$ et qui devraient durer entre 75 et 100 ans.
La grande différence entre les deux options, c’est la contribution en puissance de ces deux scénarios. Et au Québec, la puissance de pointe c’est quelque chose d’important lorsque la température descend à -28°C, comme le 24 janvier dernier entre 7h30 et 8h du matin, où nous avons collectivement demandé 38 289 MW au réseau. Nos radiateurs électriques nécessitent 11 000 MW au moment des pointes et les chauffe-eau ajoutent au-delà de 2000 MW. Qui plus est, la demande en puissance (les MW) à la pointe augmente plus rapidement que notre demande d’énergie (les kWh).
La vraie question à se poser les la suivante: laquelle des deux options sera plus adaptée afin de répondre à la demande de pointe? Éolien: 30% de 2845 MW (853 MW) ou hydro: 100% de 1550 MW?
Il n’y a pas de comparaison possible. Construire des projets hydroélectriques c’est vraiment de faire du développement durable (dans tous les sens du terme) au meilleur coût.
Finalement, l’alertinternaute Pierre Couture prend la défense du couplage Hydro/Éolien:
M. Lisée vous avez entièrement raison. La filière éolienne est chère, inefficace et sans aucune fiabilité. Ce manque de fiabilité la rend d’ailleurs d’une utilité à peu près nulle contre les émissions de gaz à effet de serre dans les pays où l’électricité est produite principalement par des usines thermiques au charbon ou au gaz. Puisque ces mécaniques géantes ne fonctionnent – en moyenne – que 20% du temps, il faut pouvoir rapidement suppléer à leur défaillance le cas échéant. Puisque les centrales thermiques sont très longues à remettre en service une fois éteintes, on les laisse tourner au ralenti au cas où. Elles tournent et elles émettent des gaz à effet de serre sans produire d’électricité. Où est le gain?
Ici, la situation est différente, car Hydro-Québec est en mesure, grâce à ses barrages, de stocker de l’énergie. Si elle installait des centrales éoliennes à côté de ses barrages, elle pourrait turbiner de l’air lorsqu’il vente et stocker de l’eau derrière ses barrages. Inversement, en temps de calme plat, elle pourrait turbiner de l’eau. C’est un mariage idéal qui profiterait à toute la population et non pas seulement à des multinationales étrangères, qui préserverait la démocratie si malmenée par la politique éolienne actuelle et qui ne détruirait pas nos meilleures terres agricoles. J’espère de tout cœur que vous serez entendu.

Le débat demeure ouvert, merci Catherine